Qualité de l'air, le gouvernement refuse d'agir
Jeu 07/02/2013 — Ni pastille verte, ni une seule mesure efficace.

Pour faire semblant de servir à quelque chose, le Comité Interministériel de la Qualité de l’Air (CIQA) propose néamoins les idées suivantes. Pour favoriser le covoiturage, les agglomérations sont invitées à développer des aires dédiées et d'en améliorer tant la visibilité que la convivialité. Pour favoriser une logistique propre des derniers kilomètres en ville, il faut promouvoir des facilités d'accès aux véhicules de marchandises propres, en s'appuyant le cas échéant sur une identification particulière et sur une charte d'engagements volontaires. Il convient aussi de développer le recours aux vélos-cargos, ou aux triporteurs. Côté mobilité électrique, le gouvernement entend contribuer à la création d'infrastructures de recharge (mais c'est prévu de longue date). Il est aussi proposé d'accélérer la mise en place des plans de déplacement d'entreprises, et d'inviter les collectivités à mettre en place de manière durable des pédibus et des vélobus (piétons et cyclistes se déplaçant en groupe). Si tout cela est bien, cela manque cruellement d'envergure, et donc d'efficacité.
La seule mesure réellement contraignante en fait, sera une réduction de la vitesse maximale sur les axes à très forte fréquentation. On pense au périphérique parisien, où la limite baisserait de 80 à 70 km/h, mais l'efficacité de cette mesure est au mieux marginale (notre forum). Quant à la fiscalité sur les carburants qui avantage aujourd'hui le gazole, le CIQA annonce qu'il souhaite bénéficier d'un diagnostic des impacts écologiques, économiques et sociaux de différents scénarii de réduction de cet écart. On comprend de suite que le changement n'est pas pour demain, et on attend toujours de ce gouvernement la première mesure à effet concret et rapide pour améliorer l'environnement ici, en France.
Laurent J. Masson
Rubrique(s) et mot(s)-clé : hors-constructeur ; politique-transport_France ; ecologie