Opel avec PSA : l'Ampera-e au centre des discussions
Jeu 16/02/2017 — Car ce n'est pas une Opel.

Pour PSA Peugeot-Citroën, l'affaire a tout d'une aubaine pour faire d'importantes économies d'échelle. Reste que ce ne sera pas sans casse. Regrouper la Citroën C3, l'Opel Corsa et la Peugeot 208 autour d'une même base technique, et produire les 3 dans une seule usine, voilà un très bon plan. Idem pour la Citroën C4, l'Opel Astra et la Peugeot 308. Sauf que cela impliquerait de fermer au moins 2 sites de production, avec des milliers de licenciements. Ce qui ne sera pas simple à gérer, mais ce qui occupe tout particulièrement les lecteurs de Moteur Nature est le cas très particulier de l'Ampera-e, cette nouvelle formidable électrique.
Opel a déjà enregistré 3400 commandes d'Ampera-e dans la seule Norvège ! Et le potentiel est énorme partout ailleurs en Europe, mais l'Ampera-e, malgré son badge, n'est pas une Opel. C'est un pur développement de GM USA, et elle est fabriquée à Detroit. Alors certes, le lancement est sur des rails, et l'Ampera-e sera bien vendue comme prévu en Europe. Mais pour combien de temps, et quid des futurs modèles qui seront basés sur la Bolt ? On rappellera qu'alors qu'il y a déjà eu de multiples collaborations entre GM et PSA, la Volt, une autre pépite de GM, n'a jamais été partagé. GM se garde pour lui ses meilleurs produits, et... On le comprend. Pour autant, pour faire des économies d'échelle sur l'électrique, il ne faut pas exclure que GM vende à PSA des voitures importées des Etats-Unis, sur une longue durée. Encore que GM va garder un petit pied en Europe, pour vendre quelques Corvette et Camaro. Cette petite structure pourrait-elle servir un jour à vendre aussi des électriques ?
Avec en sus le syndicat allemand IG-Metall (très important chez Opel) avec qui la relation est mal engagée, puisqu'il a appris l'idée de la cession d'Opel par la presse, les négociations s'annoncent d'une très grande complexité. La présence de Mary Barra (PDG de GM) en Europe signale la volonté des américains de bouger, mais Carlos Tavares (PDG de PSA) joue là le plus gros coup de sa carrière. S'il parvient à lever toutes les embûches, pour avoir changé PSA de dimension, il aura pleinement mérité une énorme rémunération.
Laurent J. Masson
Rubrique(s) et mot(s)-clé : Peugeot ; industrie-production