L'industrie auto allemande a fait respirer des gaz d'échappement à des singes
Mar 30/01/2018 — Et à des hommes !

Il faudrait pouvoir demander aux singes ce qu'ils ont pensé de l'expérience, mais on sait qu'elle n'a pas été concluante (sont-ils tous morts ?), puisqu'aucun résultat n'a été publié. Et de ce fait, le laboratoire n'aurait pas été complètement payé...
Plus près de chez nous, dans une ville qui a été française même, à Aix la Chapelle, le Stuttgarter Zeitung nous apprend qu'un institut médical a fait respirer à un groupe de 25 hommes, du dioxyde d'azote (NO2) à différents niveaux de concentration, pour en mesurer les effets sur leur santé. Cette seconde expérience était assimilable à de la recherche médicale classique, où les cobayes avaient été informé de ce qu'on allait leur demander, et des risques qu'ils encourraient. Le point troublant est qu'à Aix la Chapelle comme au Nouveau Mexique, le commanditaire de ces expériences est un organisme appelé Europäische Forschungsvereinigung für Umwelt und Gesundheit im Transportsektor e. V. (EUGT), lequel était financé à 100 % par les constructeurs automobile allemands.
Alors on s'interroge. Les constructeurs allemands envisagent-ils de se diversifier dans le soin médical ? Quand on aura une indigestion, ou une grippe, on ira au garage ? Il s'agissait malheureusement de lobbying pur, avec l'objectif de se construire des arguments pour si quelqu'un venait accuser l'industrie, dans ce problème de santé publique qu'est la pollution atmosphérique. C'est donc très moche, et on ne pourra que se réjouir que l'EUGT ait été mis en liquidation dans le courant de 2016. Il n'empêche qu'à l'heure où l'industrie tente de se relever du discrédit jeté par la tricherie de Volkswagen, ce nouveau scandale, même s'il est clos, tombe au plus mal.
Laurent J. Masson
Rubrique(s) et mot(s)-clé : Volkswagen ; ecologie ; essence-diesel