France Stratégie : ennemi du peuple et de l'industrie ?
Lun 14/10/2019 — Abandon du malus au poids.

C'est un organisme technocratique du nom de France Stratégies qui est à l'origine de l'idée, qui n'a en fait rien d'original. Une taxation au poids existe déjà en Suisse. Applicable aux voitures importées d'un type non réceptionné en Europe, elle est de 12 francs par quintal. Une énorme Cadillac Escalade venant des Etats-Unis est donc taxée 300 francs (environ 272 €). En France, les impôts sont toujours plus élevés (sans qu'on comprenne bien pourquoi, mais c'est un autre sujet), et le malus au poids serait allé jusqu'à 10 000 €. Il y aurait de quoi faire disparaitre de nombreux modèles. Si le malus au poids avait été voté, DS ne vendrait plus une seule DS7 en France, Peugeot plus de 508, et Renault plus de Talisman ni de Koleos. Le point insensé est que France Stratégies visait la mise en place du dispositif au 1er janvier. Dans à peine 10 semaines, alors que l'industrie auto prévoit modèles et investissements à des objectifs sur au moins 5 ans ! Et comme si cela ne suffisait pas, France Stratégies voulait aussi tuer la voiture électrique.

Alors que si l'objectif est la réduction des émissions de CO2, le meilleur moyen ne peut être qu'une fiscalité directe. C'est le bonus-malus tel qu'il existe actuellement, uniquement basé sur les émissions de ce gaz à effet de serre, et qui a déjà montré son efficacité. Il y aura toujours des fonctionnaires rapaces pour s'exciter sur une fiscalité au poids, à la finesse aérodynamique ou aux dimensions, mais si on veut que l'industrie soit créative (il est primordial que les ingénieurs n'aient pas les mains liées !), et que la politique soit efficace, une fiscalité unique sur les émissions de CO2 est imbattable.
Laurent J. Masson
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