Bougez autrement : Grasse en fait 6 fois plus que partout ailleurs en France
Avec 2 Fior DiablineC'était la
Journée sans voitures, c'est désormais la
Semaine Européenne de la Mobilité, un bien meilleur concept. Car c'est
non à la pollution qu'il faut dire, soit
non aux voitures qui polluent, mais quelle maladresse c'était de vouloir culpabiliser l'usage de la voiture individuelle. Pour s'attirer la sympathie du plus grand nombre, et être du côté des automobilistes, disons
oui à la voiture propre ! Pourtant, à l'échelle nationale, le succès de cette opération apparaît bien modeste. Soutenu par le ministère de l'écologie et du développement durable, qui invitait toutes les communes à réaliser quelque action, seules 62 ont effectivement fait quelque chose (mais avec la capitale, ces communes représentent environ 13 % des français). Gratuité ou réduction du tarif des transports publics, organisation de rencontres d'information, fermeture de certaines routes à la circulation automobile pour donner toute liberté aux vélos de les parcourir, prêts de vélos, il y avait beaucoup de possibles. Mais de toutes les options, la meilleure, la plus méritante et la plus excitante était la démonstration de véhicules électriques, et c'est ce qu'à choisir de faire la ville de Grasse.

Mais surprise, pour donner aux grassois le temps d'apprécier sereinement le véhicule électrique, la démonstration ne va pas durer une semaine, comme c'était l'objectif, mais 6 ! C'est quasiment un engagement. On peut cependant l'expliquer par la parfaite adéquation de la traction électrique avec le terrain. L'hypercentre de Grasse. On l'appelle le centre historique du fait qu'il est intégralement classé monument historique (tout le quartier), mais il n'occupe qu'une petite surface. On peut en faire le tour à pied en moins d'une heure. Mais parsemé de rues hautes et étroites, certaines trop étroites pour la circulation automobile, et qui hébergent pourtant de nombreux commerces ou terrasses de cafés, le centre de Grasse est mal adapté pour évacuer des gazs d'échappements.

Le véhicule électrique, tout au contraire, pour longer les tables des restaurants de la place aux Aires (ci-dessus), ou se faufiler rue Amiral de Grasse (ci-contre), est idéal. Sans bruit, ni pollution, ce véhicule, qui peut accueillir 6 passagers, emmène ses occupants sans déranger quiconque. Deux véhicules participent à l'opération, ce sont des Fior Diabline, produits par Nogaro Technologies. Apparus sur le marché en février 2001, ces petits engins semblaient promis à une jolie carrière commerciale, si leur ingénieux concepteur (Claude Fior) n'avait perdu la vie dans un accident à la fin de cette même année. Depuis lors, les commandes passées ont été honorées, mais il n'y a plus la créativité, l'étincelle, qui savait convaincre les clients potentiels d'acquérir les produits décalés de cette entreprise.

Pourtant, partout où elles passent, les 2 Diabline attirent la curiosité de tous, grassois et touristes. Juridiquement, ce sont des quadricycles lourds, ce qui signifie que s'ils sont de la taille d'une automobile (3,79 x 1,52 m), ils sont très loin d'en avoir les performances. Leur moteur ne fait en effet que 6 kW ! Soit une puissance inférieure à celle d'une moto de 125 cm3 (mais avec le couple d'une 500). La vitesse de pointe n'est alors que celle d'un cyclomoteur, mais elle est encore plus faible pour les 2 Diabline de Grasse, qui ont été équipées d'un rapport de démultiplication raccourci, pour ne pas peiner dans les côtes. On oubliera donc toute idée de vitesse avant de monter à bord, ce qui serait d'ailleurs impossible dans les petites rues du centre Grasse, où l'homme qui a inventé la ligne droite n'est jamais venu.

A voir aussi, la Diabline n'incite pas du tout à la vitesse. Sa construction légère, par exemple avec ses vitres planes en
lexan saute aux yeux. S'il y a quelque chose de lourd dans une Diabline, ce sont les batteries (ci-contre). Des plombs/acide de chez Trojan, le fournisseur habituel des voiturettes de golf. Huit batteries composent le pack, et à Grasse, circulant toute la journée en transportant chacune jusqu'à 100 personnes, elles ne se déchargent pas à plus de 50 %. C'est-à-dire que si la ville décidait de prolonger l'expérience au-delà de 6 semaines, le même jeu tiendrait probablement plus de 2 ans avant de donner le moindre signe de faiblesse. Tandis qu'au moment du renouvellement, la note serait raisonnable, puisque les Trojan sont parmi les batteries les moins onéreuses du marché (s'il y avait le besoin, on pourrait facilement gagner de l'autonomie en prenant des batteries plus chères, et plus performantes.

Mais pour l'heure, en circulant de 10 h à 17 h 30 (même le dimanche), les Diabline donnent toute satisfaction telles qu'elles sont. A la ville d'en tirer enseignement, comme cela a déjà été fait l'année dernière, lors d'une précedente expérience d'une semaine. Ce qui fait s'interroger. En 2004 : une semaine de véhicules électriques à Grasse. En 2005 : 6 semaines. Et en 2006 ? Le centre historique de Grasse interdit aux véhicules thermiques ? Considérant qu'il n'y aucune place de stationnement dans ce quartier, et que les habitants ne peuvent que s'y arrêter le temps de décharger leur voiture, avant d'aller la garer au parking souterrain ou à la périphérie, l'interdiction de circulation des véhicules thermiques paraît envisageable. Mais c'est plutôt juridiquement, qu'il pourrait y avoir des problèmes. Interdire la circulation des véhicules thermiques pour n'autoriser que celles des électriques n'est pas dans les pratiques habituelles des maires de France.
On parle alors plutôt à Grasse de
piétonnisation, avec une exception pour ce mini-transport en commun que constituerait un service continu de Diabline. Mais quid des livraisons pour les magasins ? Resteront-elles l'apanage de véhicules thermiques, ou s'inspirera t-on des exemples de La Rochelle et Mendrisio, qui ont tenté l'expérience d'une centre dépôt où les marchandises étaient déchargées de camions diesel, avant d'être acheminées en électrique à leur destination finale ? Les voitures électriques ne fument pas, mais il va falloir bien cogiter avant de les régulariser. Quand ce sera fait, ce site mettra le web au parfum.
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