Stella Lux, l'électro-solaire de l'université d'Eindhoven


Les voitures solaires existent depuis plus de 20 ans, mais elles avaient le défaut d'être monoplaces, de ne pouvoir accepter un conducteur de plus de 1,50 m, et il fallait avoir la souplesse d'un serpent pour s'installer à leur bord. Depuis 2013 cependant, un nouveau règlement pour la compétition qui les fait rouler est venu changer tout cela. Voici alors la
Stella Lux, dont c'est la seconde génération, une auto avec 4 places. 4,52 m de long pour 1,73 m de large. Presqu'une voiture classique, si ce n'est pour sa hauteur de seulement 1,12 m. Pour améliorer l'aérodynamisme en effet, la surface frontale a été ultra-réduite, avec même une large travée centrale vide. On distinguera ainsi cette seconde génération de la Stella de la première, en notant que cela doit aussi contribuer à améliorer la rigidité.

On remarque ensuite que les 4 roues sont carénées, ce qui laisse supposer une très mauvaise maniabilité : la voiture braquera mal. Mais la Stella Lux na pas été conçue pour cela. L'auto est extraordinaire, mais ses concepteurs ont fait des concessions pour aboutir à leurs fins. Il est par exemple impossible de rouler le coude à la portière, puisque les vitres sont fixes. Non descendantes. Il n'y a ensuite ni chauffage ni climatisation, mais toute faite de fibre de carbone, d'aluminium, et des matières les plus légères, la voiture complète, ne fait que 375 kg !!! Avec la batterie. Bravo, bravo, bravo, même si la construction légère n'a pas que des avantages. Lors d'un arrêt entre 2 essais un jour de vent, une porte du prototype s'est envolée. Fâcheux.

C'était avec la Stella 1 qui avait des portes papillon, mais cette nouvelle Stella Lux a 4 portières conventionnelles, et on la dit beaucoup plus sûre que sa devancière. L'auto est aussi beaucoup plus performante d'un point de vue énergétique, puisqu'avec une batterie de 15 kWh (2/3 de la capacité de celle d'une Renault Zoé), la Stella pourrait parcourir 650 km. La nuit. Le jour, quand le soleil brille et alimente les 5,8 m² du toit, l'autonomie peut atteindre les 1000 km. Voire même un peu plus, 1100 km en Australie, où elle participera au World Solar Challenge cet automne.

La première Stella avait déjà remporté cette course il y a 2 ans, et cette nouvelle mouture devrait encore une fois creuser l'écart avec la concurrence. Cette Stella Lux est aussi plus rapide en étant capable d'atteindre les 125 km/h. Mais beaucoup plus fort, la Stella Lux est potentiellement une voiture à énergie positive. C'est il nous semble la première fois qu'on entend cela pour une auto, on dit plutôt cela d'une maison. Mais pour un hollandais qui ne fait que 10000 km par an, l'énergie électrique captée par les cellules photovoltaïques en un an d'exposition, permet de parcourir cette distance. Nous avons bien écrit pour un hollandais, en Hollande, pays peu réputé pour son ensoleillement. Un espagnol pourra rouler plus, même si dans tous les cas, l'autonomie sera plus grande en été qu'en hiver.

Parfait pour les grandes vacances ! Cette Stella Lux a été construite par un team de 26 étudiants (24 garçons et 2 filles,
où est la parité ?) de l'université d'Eindhoven aux Pays-Bas, et si elle est une formidable vision d'un avenir d'abondance, avec 350 km d'autonomie gratuite chaque jour d'été, en sus des 650 km de la batterie rechargée sur secteur, elle serait encore bien difficile à immatriculer. C'est là tout le drame des multiples normes de sécurité. L'ABS, l'ESP, les airbags, les zones de déformation progressive, etc, etc... Tout cela est bien pour protéger la vie des automobilistes, mais tout cela a une facture énergétique plus que substantielle. Il faudrait que la technologie électro-solaire fasse un bond en avant étonnant pour qu'une auto comme cette Stella Lux donne le même niveau de sécurité, de performances ou de facilité d'usage que, par exemple, une petite Citroën C1.
Mais une auto qui roule au soleil, on n'a pas fini d'en rêver.
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